2008: wine tour

Un parcours gourmand
10h30, aux caisses de la manifestation : Rencontre entre Alexandre Truffer, journaliste spécialisé sur le vin suisse mandaté par l’Association des Vignerons d’Ollon, et deux couples anglophones. Habitant Villars six mois par année, ils traversent régulièrement les coteaux encépagés mais aimeraient mieux connaître le vignoble suisse. Un désir que la barrière de la langue rend difficile à satisfaire. Premier verre, première spécialité: le Chasselas. Un blanc que trop d’indigènes regardent de haut. Pour des œnophiles originaires d’Europe du Nord, c’est une curiosité viticole introuvable. L’élégance aristocratique de ce raisin lémanique provenant directement des spécificités du sol sur lequel il croît, la conversation dévie sur les caractéristiques géologiques d’Ollon.
Premier étape : Verschiez ! Les papilles emballées par la complexité tannique d’un Pinot Noir 1990 de Jean-Jacques Delarze, le panorama se dévoile dans toute sa splendeur. Vignoble alpin surplombant les eaux du Léman, terrasses centenaires traversées de veines de gypses, Ollon ne peut qu’impressionner.
Station suivante: Antagnes! La nature s’efface ici devant le travail de l’homme. Les murs en pierre et les guérites racontent les difficultés rencontrées pour pérenniser un vignoble gagné sur des forêts abruptes. La finesse d’un Pinot Blanc de Charles-Henri Tabord ou la puissance du Viognier d’Emile Blum démontrent que le terrain gagné valait les efforts entrepris.
La matinée se termine à l’Abbaye de Salaz. Le bâtiment millénaire fait prendre conscience à nos visiteurs de l’importance du patrimoine historique et du savoir-faire qui préside à l’élaboration d’un assemblage aussi raffiné que la Réserve des Moines de la famille Huber.
Pour boucler la boucle, retour à Ollon afin de visiter les installations des Artisans Vignerons. Grand vases de bois, immenses cuves en inox et petites barriques de chêne dévoilent leurs mystères. Enfin, last but not least selon l’expression britannique, l’assemblage liquoreux Doux Délire termine sur des notes capiteuses cette promenade dans un univers gourmand façonné par la transmission de savoirs ancestraux, la signature d’un microclimat, les spécificités de cépages autochtones et les soins passionnés de générations de familles vigneronnes.

Une clientèle atypique aux attentes particulières
Ce tour guidé en anglais a démontré qu’à côté d’une clientèle régionale connaissant bien le vignoble et les producteurs, il existe, là-haut sur la montagne, un public prêt à se passionner pour les crus d’Ollon, du Chablais ou de Suisse. Pour s’enthousiasmer, il demande trois choses : qu’on lui parle dans sa langue, qu’on le guide dans son exploration du complexe vignoble vaudois et que les vins présentés fassent rêver. Or, récoltés sur des terrasses alpines, cultivés dans des paysages à couper le souffle, couronnés de lauriers lors des concours de dégustation, les nectars d’Ollon n’ont, une fois présentés avec professionnalisme, aucun mal à faire rêver.
Le tour guidé de 2008 sera donc reconduit l’an prochain. Quand aux curieux qui n’auraient pas la patience d’attendre l’automne 2009 pour pénétrer les arcanes de l’extraordinaire vignoble alpin d’Ollon, ils peuvent approfondir leurs connaissances sur le site des Vins d’Ollon. (http:// ollonvins.blogspot.com).


Alexandre Truffer pour les Vignerons d’Ollon